
la petite Rubina
Elle n’était qu’une petite fille, tout juste âgée de 5 ans, pleine de vie, comme tout autre enfant de cet âge peut l’être. Elle vivait alors dans le district de Dolaka avec ses parents et ses grands-parents ; dans une toute petite mais très jolie maison.
La journée durant elle allait à l’école primaire du village et, après l’école, elle rentrait chez elle ou elle aimait aider sa maman lorsqu’elle ne devait pas partir chercher et préparer du fourrage pour les chèvres de la famille. Elle aimait aussi beaucoup passer du temps et jouer avec ses ami-e-s et son petit frère. Pendant ses vacances, elle avait l’habitude de mener paître les chèvres dans les alpages proches de son village.
Sa maman travaillait alors aux champs toute la journée durant et, elle préparait le repas le soir venu pour toute la famille.
Cette petite fille n’a pas le souvenir d’avoir vu son papa un jour aider sa maman… Ce dernier quittait la maison lorsque le jour se levait et rentrait le soir venu.
Un jour, alors qu’elle était à l’école, elle entendit dire que son papa avait été arrêté et emmené par la police. Personne ne savait ou ne voulait lui dire ce qui c’était passé.
La nouvelle se répandit dans tout le village aussi rapidement qu’un feu que l’on ne peut arrêter et qui dévaste tout sur son passage … C’est donc par des villageois qu’elle appris que son papa et des amis à lui s’étaient battus avec un homme qui était décédé suite à ses blessures. Les policiers auraient alors arrêté son papa après l’avoir accusé du meurtre de cet homme. Il fut alors transféré dans une prison de la capitale.
Peu de temps après cette histoire, sa maman, son petit frère et elle rejoignirent Kathmandu où ils s’installèrent dans une petite chambre.
Sa maman cumula alors plusieurs emplois, en tant qu’employée de maison, dans plusieurs familles.
Ce travail lui permit de gagner un petit salaire, de quoi nourrir ses enfants et payer le loyer de la chambre qu’elle louait alors pour eux trois.
Durant la journée, les deux enfants restaient enfermés dans la chambre, en attendant que leur maman rentre du travail.
Un jour, tout trois se rendirent à la prison afin que les enfants puissent voir leur papa et que leur maman puisse rendre visite à son mari. Cependant, ce jour là, leur maman les confia à leur papa juste le temps de faire une petite course et de revenir, très rapidement …
Ils l’attendirent de nombreuses heures. Puis, ces heures se transformèrent en jours et finalement, en mois …
Plus tard, ils apprirent que leur maman les avait abandonnés et s’était remariée avec un autre homme.
Une nouvelle vie commença alors pour eux au sein de la prison. Une vie privée de vie … Une vie sans ami avec qui jouer, discuter rire … Une vie ou règnent la violence et la déchéance … Une vie confinée dans une petite cellule ou dans une toute petite cours avec d’autres détenus et totalement coupés du monde extérieur.
Quand Aruna, fondatrice de la NPA School entendit parler de ces deux enfants qui vivaient en prison avec leur papa elle fut touché au plus profond de son cœur. Pourquoi ?! Il n’était pas possible de ne rien faire, pas possible non plus d’attendre plus longtemps … Mais que faire sans argent ?
Heureusement, à ce moment là, Anaïs, (fondatrice et présidente de l’association « à hauteur d’Hommes, auteurs d’Humanité ») était avec nous au sein de la NPA. Aruna lui parla alors de la situation de ces deux enfants et de sa volonté de les faire rejoindre notre internat-orphelinat aussi rapidement que possible afin de leur permettre de vivre enfin leur vie d’enfants.
Anaïs lui répondit qu’il n’était effectivement pas possible ni même envisageable de ne rien faire et de les laisser là bas un jour de plus. Elle se débrouillerait, une fois de retour en France, pour trouver de nouveaux parrains et/ou marraines pour ces deux enfants !
C’est ainsi qu’après 3 jours, le temps de rédiger les papiers officiels, de les faire signer par qui de droit, et de rencontrer les gardes de la prison ; 3 jours qu’Aruna et Anaïs ont passés au sein même de la prison ; nous avons obtenu le droit de sortir les enfants de cet univers carcéral et de les faire rejoindre l’école.
Aujourd’hui, la petite Rubina a trouvé un parrain : Alain et une marraine : Corinne ; qui, régulièrement, viennent prendre de ses nouvelles et même la voir …
Son petit frère Ruben, quant à lui, à trouvé en Anaïs une marraine des plus aimante qui a d’ailleurs su prendre soin de lui comme s’il s’était s’agit de son propre enfant alors qu’il a du passé dernièrement quelques jours à l’hôpital.
Aujourd’hui, les enfants ont trouvé en la NPA une maison et une belle et grande famille qui les aime et sait prendre soin d’eux…
2 à 3 fois par an, les enfants retournent à la prison, une heure ou deux, le temps de rendre visite à leur papa qui nous a fait la promesse de leur écrire ou de leur téléphoner au moins une fois par mois.